Gestes, expressions, contrastes inattendus, petits miracles de la vie ordinaire, la photo de rue c’est une pratique vivante, spontanée, profondément humaine, qui exige patience, sensibilité et une capacité à voir au-delà des apparences. C’est aussi l’art de la rencontre. Parfois furtive, parfois marquante, chaque interaction est une trace laissée dans le récit urbain. Les visages, les regards, les silences parlent autant que les bruits de la ville. Je m’efforce d’être un explorateur discret, curieux, respectueux, toujours à l’affût de cette magie qui surgit là où on ne l’attend pas.
La photo de rue
La rue est un théâtre à ciel ouvert, où chaque passant devient un personnage, chaque lumière une mise en scène, chaque instant une histoire en devenir. La photographie de rue, ou street photography, est avant tout une question de regard : savoir observer l’invisible, déceler le fugace, capter la poésie du quotidien.
Paris
Cette série est une exploration graphique des lignes de force qui structurent Paris. En isolant les formes, en jouant avec les contre-jours et en cherchant des angles de vue radicaux, j’ai voulu rendre hommage au génie des bâtisseurs. De l’acier riveté du XIXe siècle au verre poli du XXIe, Paris se livre comme une partition géométrique. Recherche sur l’équilibre des volumes et la profondeur des perspectives, les paysages urbains familiers se transforment en compositions abstraites et puissante.
New-York au carré
Lors d’un rapide voyage à New-York, j’ai cherché l’équilibre entre l’immersion et la création. Équipé du GFX100RF, j’ai privilégié une approche minimaliste avec un boîtier discret. Le format carré de cette série est né de cette liberté. Grâce à la résolution exceptionnelle du capteur, j’ai pu redéfinir mes perspectives au retour, isolant chaque éclat de jaune dans la structure rigoureuse de Manhattan.
New York est une ville de lignes de fuite extrêmes. En format 3:2 ou 4:3, l’œil est souvent entraîné dans une fuite sans fin vers le haut (les gratte-ciels).
Le format carré impose une stabilité centrale. Il « enferme » la verticalité de Manhattan dans un cadre équilibré, forçant le regard à se concentrer sur le sujet lui-même plutôt que sur sa hauteur infinie.
Je trouve que le carré ralentit la lecture de l’image. On ne « balaye » pas la photo de gauche à droite ; on plonge dedans. Choisir le carré pour New York, c’est aussi choisir de structurer le « chaos urbain». C’est une vision qui privilégie l’équilibre pour ma part.
Le format carré s’impose comme un choix radical. En brisant la vision panoramique habituelle, il force le regard à se concentrer sur l’essentiel : l’équilibre d’une façade, l’intimité d’un instant de rue, ou la symétrie parfaite d’une perspective urbaine. Le carré devient une fenêtre, un bloc de mémoire, un « Square » au sens propre comme au figuré. Entre l’ombre et la lumière.