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Test du FUJINON XF400mm f/4.5 R LM OIS WR

Banner xf400mm fujifilm

Après plusieurs sorties consacrées à la photographie d’oiseaux et quelques journées en forêt pendant le brame du cerf, j’ai pu me faire une première idée de ce nouveau Fujinon XF400mm f/4.5. Et autant le dire tout de suite, cet objectif possède quelques arguments particulièrement intéressants pour les photographes animaliers.

Un 600 mm qui sait se faire oublier

La première bonne surprise vient du poids. Avec seulement 1,2 kg sur la balance, ce XF400mm f/4.5 est particulièrement agréable à utiliser sur le terrain. Couplé à mon X-H2S, l’ensemble reste relativement compact, discret et surtout très facile à transporter. Que ce soit dans le sac ou à la main, je n’ai ressenti aucune fatigue particulière après plusieurs heures de photographie. Habitué à travailler avec le XF200mm f/2, la différence est franchement appréciable !

Mais au-delà du poids annoncé, c’est surtout sa répartition qui fait la différence. Les éléments optiques les plus lourds étant positionnés vers l’arrière, l’objectif offre un excellent équilibre. Une fois à l’œil, il paraît étonnamment léger. Deux doigts placés sous le pare-soleil suffisent presque à stabiliser l’ensemble et à photographier confortablement. C’est un détail qui n’en est pas vraiment un lorsqu’on passe plusieurs heures à suivre des animaux, parfois dans des positions peu confortables. Autre avantage que j’ai particulièrement apprécié : la photographie au ras du sol. Il suffit de déployer l’écran orientable du X-H2S et de tenir l’objectif d’une main sous le fût, ou directement par son collier de trépied retourné. La position devient alors naturelle, stable et surtout beaucoup moins contraignante pour le dos. Un vrai plaisir pour photographier les oiseaux à ras de l’eau ou travailler avec des perspectives très basses.

Une ouverture f/4.5 suffisante sur le terrain ?

C’était probablement l’un de mes principaux points d’interrogation avant ce test. Habitué à l’ouverture généreuse de mon XF200mm f/2, je craignais que le f/4.5 soit un peu juste, notamment en forêt pendant le brame du cerf, où la lumière est rarement abondante aux heures les plus intéressantes. Finalement, cette ouverture ne m’a pas réellement pénalisé. Il faut dire que notre manière de travailler a évolué. Avec les performances actuelles des logiciels de traitement du bruit, notamment DeepPRIME de DxO ou la réduction du bruit par IA d’Adobe, monter en sensibilité n’est plus aussi problématique qu’auparavant. Je préfère aujourd’hui ramener une photographie parfaitement nette à une sensibilité ISO élevée plutôt que de prendre le risque d’un flou de bougé en cherchant absolument à conserver une sensibilité basse. Concernant la qualité optique, bonne nouvelle : le piqué est déjà bien présent dès f/4.5. Il n’est donc pas nécessaire de fermer le diaphragme pour obtenir une image détaillée. L’objectif est parfaitement exploitable à pleine ouverture, ce qui est évidemment appréciable sur ce type de focale.

Stabilisation : photographier à 600 mm au 1/250 s

C’est un autre point qui m’a agréablement surpris. Avec mon XF200mm f/2, équivalent à un 300 mm en plein format, j’ai l’habitude de photographier les cerfs au 1/250 s lorsque les conditions le permettent. Je n’ai pas changé mes habitudes avec ce XF400mm, qui offre pourtant un angle de champ équivalent à celui d’un 600 mm en plein format. Résultat : aucun flou de bougé constaté sur mes images réalisées dans ces conditions. La stabilisation fait parfaitement son travail et j’ai même le sentiment de disposer encore d’une bonne marge pour descendre davantage en vitesse sur des sujets relativement immobiles. Bien entendu, la stabilisation ne fige pas les mouvements de l’animal, mais elle apporte un confort considérable lorsqu’on photographie à main levée avec une telle focale. J’ai maintenant hâte de pouvoir essayer cette optique sur un capteur de 40 mégapixels, pourquoi pas avec un futur X-T6 ou X-H3, afin d’en explorer pleinement le potentiel et le niveau de détail.

Autofocus : silencieux, précis et sans mauvaise surprise

Sur le terrain, l’autofocus ne m’a posé aucun problème particulier. Il est extrêmement silencieux, rapide et m’a semblé très précis. Même en présence de hautes herbes au premier plan, je n’ai pas constaté d’hésitations gênantes lors de mes prises de vue. Sur les oiseaux en vol, même constat : l’objectif répond présent. Dans ce type de situation, les éventuelles pertes de suivi me semblent davantage liées aux performances de détection et de suivi du boîtier qu’à la motorisation de l’objectif lui-même. C’est d’ailleurs un point sur lequel j’attends avec intérêt les prochaines générations de boîtiers Fujifilm. Les évolutions de la reconnaissance des sujets par intelligence artificielle devraient encore améliorer les performances de ce type de téléobjectif.

Avec le multiplicateur 1,4x : une bonne surprise

J’ai également profité de ces sorties pour tester le XF400mm avec le téléconvertisseur Fujinon XF1.4X. On obtient alors une focale de 560 mm, soit un angle de champ équivalent à celui d’un 840 mm en plein format, avec une ouverture maximale de f/6.4. Et le résultat est plutôt convaincant ! Je m’attendais à constater une perte de qualité plus visible, mais sur mes premières images, la dégradation optique reste très discrète. Le niveau de détail demeure excellent et l’ensemble reste tout à fait exploitable. Le portrait serré du cerf photographié au milieu des hautes herbes, présenté dans cet article, illustre bien les possibilités offertes par cette combinaison. C’est une option particulièrement intéressante lorsqu’on souhaite gagner en allonge sans devoir investir dans une optique supplémentaire.

Et pourquoi pas un peu de proxiphotographie ?

On pense naturellement à la photographie animalière lorsqu’on parle d’un 400 mm, mais ce téléobjectif possède également quelques arguments intéressants pour la proxiphotographie. Avec une distance minimale de mise au point de 2,75 mètres, il devient possible de s’intéresser à des sujets beaucoup plus petits, notamment aux fleurs, aux végétaux ou à certains insectes. La longue focale permet d’isoler facilement un sujet de son environnement, de jouer avec les arrière-plans et d’obtenir de beaux effets de flou. J’ai réalisé quelques photographies de fleurs dans ces conditions et je trouve le résultat particulièrement intéressant. Pour aller encore plus loin, l’utilisation de bagues allonges permet de réduire davantage la distance de mise au point et d’explorer d’autres possibilités de grossissement. Ce n’est évidemment pas un objectif macro, mais cette polyvalence constitue un avantage supplémentaire, notamment lorsqu’on souhaite partir léger sans multiplier les optiques dans son sac.

Fiche technique décryptée : ce qui se cache derrière le XF400mm f/4.5

Au-delà de mes impressions sur le terrain, il est intéressant de regarder d’un peu plus près les caractéristiques techniques de ce nouveau Fujinon. Car derrière son apparente simplicité, le XF400mm f/4.5 bénéficie d’une conception qui privilégie trois aspects essentiels à mes yeux : la qualité optique, la mobilité et le confort d’utilisation.

Un 600 mm équivalent pour seulement 1 245 grammes

C’est probablement l’une des caractéristiques les plus remarquables de cet objectif. Proposer une focale équivalente à 600 mm en plein format dans un ensemble de seulement 1 245 grammes représente un véritable avantage pour les photographes qui travaillent régulièrement à main levée. Mais le poids ne fait pas tout. Fujifilm a également travaillé sur la répartition des masses en rapprochant le centre de gravité du boîtier. Cette conception limite l’effet de bascule vers l’avant, souvent caractéristique des longues focales. L’objectif demande ainsi moins d’effort pour être maintenu en position, notamment lorsqu’on suit un animal dans le viseur pendant plusieurs minutes. C’est une différence qui se ressent davantage après plusieurs heures de photographie que lors d’une simple prise en main en magasin.

Une formule optique pensée pour la haute résolution

Le XF400mm f/4.5 repose sur une construction optique de 21 éléments répartis en 14 groupes, comprenant quatre lentilles ED et deux lentilles Super ED. Ces verres à très faible dispersion ont pour fonction de limiter les aberrations chromatiques, particulièrement visibles avec les longues focales sur les zones fortement contrastées : contours d’un plumage en contre-jour, branches éclairées sur un fond sombre ou reflets sur l’eau. L’objectif est de conserver une restitution précise des détails tout en limitant l’apparition de franges colorées. La qualité d’image est déjà au rendez-vous dès la pleine ouverture à f/4.5. C’est un point important, car sur un téléobjectif destiné à la photographie animalière, pouvoir exploiter immédiatement l’ouverture maximale permet de conserver une vitesse d’obturation suffisante sans augmenter inutilement la sensibilité ISO. Le diaphragme circulaire à neuf lamelles participe également à la douceur des zones hors mise au point. Associé à la compression naturelle des perspectives offerte par cette focale, il permet d’obtenir des arrière-plans agréablement diffus et de bien détacher le sujet de son environnement.

Autofocus LM et stabilisation OIS : deux alliés indispensables

La motorisation linéaire LM (Linear Motor) assure les déplacements du groupe de mise au point. Cette technologie présente deux avantages particulièrement appréciables en photographie animalière : une mise au point réactive et un fonctionnement très silencieux. Le XF400mm dispose également de commandes permettant d’adapter son comportement aux situations rencontrées sur le terrain. Le limiteur de plage autofocus permet notamment de restreindre la recherche de mise au point aux sujets situés au-delà de cinq mètres. Une fonction intéressante pour éviter que l’objectif ne parcoure inutilement toute sa plage de mise au point lorsqu’on photographie un animal éloigné. Autre fonction pratique : le Focus Preset, qui permet de mémoriser une distance de mise au point et d’y revenir rapidement. On peut ainsi anticiper le passage d’un animal à un endroit précis, sans devoir rechercher systématiquement la bonne distance. Du côté de la stabilisation optique OIS, Fujifilm annonce un gain pouvant atteindre 5,5 IL. Au-delà des possibilités offertes pour photographier à des vitesses relativement lentes, cette stabilisation améliore considérablement le confort de visée. À 600 mm équivalent, les moindres mouvements du photographe deviennent particulièrement visibles dans le viseur. Disposer d’une image stabilisée facilite donc le cadrage, le suivi et la précision de la composition. Attention toutefois : si la stabilisation compense les mouvements du photographe, elle ne peut évidemment pas figer ceux du sujet. Pour un oiseau en vol ou un cerf en pleine course, une vitesse d’obturation adaptée reste indispensable.

Une construction adaptée aux conditions difficiles

Un téléobjectif animalier doit pouvoir accompagner le photographe dans des environnements qui ne sont pas toujours très accueillants pour le matériel. Le XF400mm f/4.5 bénéficie d’une construction résistante aux intempéries, avec 20 joints d’étanchéité répartis sur les zones sensibles du fût. Cette protection vise à limiter les infiltrations de poussière et d’humidité, tout en permettant une utilisation jusqu’à -10 °C. La lentille frontale reçoit également un traitement au fluor, destiné à limiter l’adhérence de l’eau et des salissures, tout en facilitant son nettoyage. Des caractéristiques appréciables lorsqu’on travaille dans les sous-bois humides, sous une pluie légère, dans la poussière ou à proximité du littoral. Il ne s’agit évidemment pas d’une garantie d’étanchéité absolue, mais d’une protection supplémentaire qui permet d’aborder les sorties nature avec davantage de sérénité.

Les principales caractéristiques techniques en résumé

Caractéristique Fujinon XF400mm f/4.5
Monture Fujifilm X
Focale 400 mm
Équivalence plein format 600 mm
Ouverture maximale f/4.5
Poids 1 245 g
Construction optique 21 éléments en 14 groupes
Lentilles spécifiques 4 ED + 2 Super ED
Diaphragme Circulaire à 9 lamelles
Motorisation autofocus Linéaire LM
Stabilisation optique OIS, jusqu’à 5,5 IL
Distance minimale de MAP 2,75 m
Protection 20 joints d’étanchéité
Température minimale annoncée -10 °C
Traitement frontal Revêtement au fluor
Compatibilité téléconvertisseur XF1.4X

Mon premier bilan : une optique taillée pour le terrain

Après ces premières sorties, ce XF400mm f/4.5 me laisse une très bonne impression. Ce que je retiens avant tout, c’est son équilibre général. Fujifilm propose ici une longue focale qui ne devient pas une contrainte physique après quelques heures de photographie. Le faible poids, la répartition des masses, la stabilisation et la qualité optique à pleine ouverture en font un outil particulièrement agréable à utiliser. L’ouverture f/4.5 demandera naturellement quelques compromis dans les conditions de lumière difficiles, surtout pour les sujets en mouvement. Mais au regard du gain de poids et de la facilité d’utilisation, le choix me semble cohérent. Et puis, il y a un aspect que les fiches techniques ne racontent jamais vraiment : le plaisir de photographier avec un matériel qui sait se faire oublier.

Sur ce point, ce XF400mm a déjà marqué quelques points. Il me reste maintenant à poursuivre les essais dans d’autres conditions, notamment sur des sujets plus rapides et, je l’espère, avec les prochaines générations de capteurs et de boîtiers Fujifilm. Une chose est certaine : ce 400 mm devrait m’accompagner sur quelques belles sorties nature !