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Explorer le monde du petit : la photographie en microscopie

La photographie en microscopie ouvre les portes d’un univers fascinant, où la nature dévoile des structures insoupçonnées et des motifs graphiques spectaculaires. Cette discipline allie science, nature, passion photographique et offre une nouvelle perspective sur le monde qui nous entoure.

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Pourquoi explorer le monde microscopique en photographie ? 🔬

Vous le savez déjà, la microscopie photographique permet de révéler des détails invisibles à l’œil nu 👀 , mais il ne faut pas oublier qu’elle peut transformer une simple observation en une véritable œuvre d’art. Les textures, couleurs et formes prennent une dimension étonnante, rendant parfois un cliché assez fascinant et presque unique. Ce type de photographie vous collera à la peau si vous voulez découvrir l’infiniment petit sous un angle artistique et scientifique, explorer des structures organiques, (ex : flore, insectes) ou minérales, (ex : roches) d’une beauté insoupçonnée et développer une nouvelle approche photographique, mêlant rigueur technique et créativité.

Choisir le bon microscope et les optiques adaptées

Quelques règles de bases. Pour obtenir des photos dignes de ce nom, nettes et précises, il est essentiel d’investir dans un microscope adapté. (Nikon, Olympus, Motic, Leica et bien d’autres)

  • Il faudra en premier lieu des optiques dédiées à la photo, offrant une bonne résolution et un contraste optimal, souvent appelés les optiques infini « plan apo ». Mais ne vous y trompez pas, la qualité « même bonne » ne sera jamais aussi élevée que le rendu de vos optiques photo habituelles. Nous sommes ici dans le monde du tout petit où diffractions et aberrations chromatiques règnent en maître. Quoiqu’il en soit des optiques avec des coefficients multiplicateur de base X5, X10, X20 seront idéales pour commencer la discipline.
  • Ensuite, il vous faudra une caméra ou un appareil photo compatible, qu’il s’agisse d’un reflex, d’un hybride ou d’une caméra scientifique dédiée. Attention, la taille du capteur joue un rôle essentiel sur la qualité mais aussi sur la facilité d’adaptabilité au microscope. Beaucoup de caméras dédiées possèdent d’ailleurs des capteurs de seulement 1″ ou micro 4/3. Et ce n’est pas un hasard. Il sera plus compliqué d’adapter un boitier au capteur Full Frame ou APS-C sans avoir notamment de vignettage. Vous êtes prévenu !
  • Et enfin, ne pas sous-estimer l’achat d’un adaptateur photographique, pour fixer solidement l’appareil au microscope et assurer un alignement parfait. Là aussi se joue un savant dosage de bagues allonge plus ou moins longues avec raccord T2. Selon votre taille de capteur, il faudra faire des tests pour optimiser le rendu et le range de mise au point en fonction de vos optiques. En effet une optimisation pour des optiques au grossissement X10 ou X20 ne sera peut-être pas compatible avec une mise au point pour une optique X2. Bienvenue dans le monde de la personnalisation…

Maîtriser les techniques de prise de vue : le stacking

En photographie microscopique, la profondeur de champ est extrêmement réduite. C’est bien « pire » que la macrographie. Pour obtenir une image entièrement nette, on utilise obligatoirement la technique du stacking, qui consiste à empiler plusieurs clichés avec des mises au point différentes. Pour obtenir une seule photo il faut compter un empilement de 50 à 500 photos parfois.

  • Il vous faudra utiliser un logiciel dédié (comme Helicon Focus ou Zerene Stacker ou même photoshop) pour assembler les images.
  • La technique est en soit assez simple. Prenez une série de photos avec une télécommande en variant légèrement la mise au point entre chaque photo.
  • Important, veillez à la stabilité du microscope et de l’appareil pour éviter tout flou de bougé. Votre plan de travail devra être hyper stable. Aucune vibration ne sera tolérée.

L’importance de l’éclairage💡

Un bon éclairage est crucial pour réussir des clichés détaillés et bien contrastés.

  • Utilisez un éclairage LED pour une lumière stable et homogène.
  • Privilégiez l’éclairage en fond clair ou en fond noir pour mettre en valeur les structures de l’échantillon.
  • Ajoutez si possible des diffuseurs pour adoucir la lumière et éviter les reflets indésirables, comme on le ferait en studio traditionnel.

Préparer correctement une lame pour l’observation microscopique

Une bonne préparation des échantillons est essentielle pour obtenir des observations de qualité. Attention cependant à ne pas confondre une préparation pour une observation scientifique et/ou une préparation pour une « photo graphique ». Voici les étapes clés :

  • Nettoyez soigneusement les lames et lamelles avec un chiffon doux ou un produit spécifique, type alcool ménager.
  • Déposez l’échantillon au centre de la lame.
  • Ajoutez une goutte de liquide de montage (eau, glycérine, baume du Canada) 💧 pour améliorer la transparence et préserver l’échantillon.
  • Placez délicatement la lamelle sur l’échantillon de façon à éviter la formation de bulles d’air.
  • Éliminez l’excès de liquide avec un papier absorbant.

A chacun son niveau d’exigence dans les préparations, et le temps fera de vous ou non un expert dans ce domaine spécifique. Tout le monde n’aime pas préparer les lames, question de tempérament certainement  !

Les produits chimiques de base 🧪

Certains colorants et agents chimiques permettent d’améliorer la visibilité des structures microscopiques et de révéler des détails spécifiques :

  • Bleu de méthylène 🔵 : Idéal pour colorer les cellules et les structures biologiques.
  • Éosine rouge 🔴 : Utilisée pour marquer les tissus et améliorer le contraste des échantillons biologiques.
  • Lugol 🟤 : Permet de mettre en évidence l’amidon dans les cellules végétales.
  • Baume du Canada 🟠 : C’est un agent de montage qui améliore la transparence sans bulle d’air et la conservation des échantillons.
  • Glycérine 💧 : Utile pour préserver et éviter l’évaporation des liquides de montage.

Ouvrages de référence 📚

Pour approfondir vos connaissances bien au-delà de ce blog et perfectionner votre technique en microscopie photographique, voici quelques ouvrages de référence incontournables  :

  • L’encyclopédie du microscope d’Eugène Séguy, un ouvrage fondamental sur la microscopie et ses applications.
  • Photomicrography de Brian Bracegirdle, qui détaille les techniques avancées de photographie au microscope.
  • The Microscope and How to Use It de Dr. Georg Stehli, une excellente introduction à la microscopie pour les passionnés et débutants.
  • Fundamentals of Light Microscopy and Electronic Imaging de Douglas B. Murphy, pour une approche scientifique et technique des différentes méthodes d’imagerie microscopique.

Le petit matériel indispensable 🛠️

Pour préparer et réussir une observation microscopique optimale, il est essentiel de s’équiper avec du matériel adapté.

  • Des pinces fines et brucelles pour manipuler les échantillons avec précision.
  • Des boîtes de Petri pour stocker et préparer les échantillons en toute propreté.
  • Des fioles en plastique et pipettes pour manipuler les liquides de montage.
  • Des filtres polarisants pour améliorer le contraste et révéler des détails invisibles à l’œil nu.
  • Du papier absorbant et chiffons doux  et de l’alcool ménager pour nettoyer les lames et éviter les impuretés.

J’espère que vous aurez compris que la photographie microscopique est avant tout une discipline passionnante, mêlant rigueur scientifique et exploration artistique. Grâce à un microscope bien équipé, grâce aux techniques de stacking et à un éclairage soigné, il est possible de se faire vraiment plaisir et capturer des images spectaculaires invisibles pour l’œil humain. C’est une véritable aventure à la croisée de la science et de l’art, qui ne demande qu’à être explorée et il vous faudra plus d’une vie pour en faire le tour !