Un seul boîtier, mon Fujifilm GFX100RF, et une seule optique, le GF 28mm F/4, qui grâce au recadrage intelligent se transforme artificiellement en un 35mm, un 50mm ou encore un 63mm.
Poids total ? 750 grammes. Tout juste glissé dans une banane accrochée à la taille. Liberté totale.
120 km de marche, un rythme New-Yorkais
En sept jours, j’ai parcouru 120 kilomètres à pied, arpentant Manhattan de Harlem à Battery Park, traversant Brooklyn par le pont iconique, m’attardant dans les ruelles de Chinatown ou sous les néons de Times Square. Pas de sac à dos qui alourdit, pas de choix cornéliens devant une gamme d’objectifs. Juste le boîtier, prêt à dégainer, pour me fondre dans le rythme effréné de la ville.
Le 28 mm, compagnon idéal en ville ?
Sur le terrain, ce 35mm f/4 (équivalent 28 mm en plein format) se révèle incroyablement polyvalent. Les gratte-ciel s’élancent dans le cadre, les rues se creusent en lignes fuyantes, les scènes de vie urbaine se capturent avec énergie. Quand le besoin s’en fait sentir, un simple clic transforme virtuellement l’optique en un 35mm, un 50mm ou un 63mm plein format. Est-ce que cela remplace un vrai zoom ? Evidemment non, la profondeur de champ restera celle d’un 28mm, il s’agit juste d’un crop. Mais cela permet de varier les compositions et d’éviter la frustration de l’unique focale fixe.
Ai-je manqué d’un 70-200mm ?
Oui… et non. À New York, il est tentant de vouloir aller chercher les détails d’une façade à 40 étages plus haut, ou de capter un portrait volé de l’autre côté d’une avenue. Le 70-200mm aurait sans doute ouvert d’autres perspectives, des cadrages plus serrés, des atmosphères plus intimes. Mais aurais-je eu la même mobilité, la même fluidité dans ma marche ? Rien n’est moins sûr.
Ce que j’ai gagné en contrepartie, c’est une vraie immersion : j’étais toujours proche des scènes, contraint à composer avec l’environnement immédiat. Et c’est peut-être cela, l’essence même de la photographie new-yorkaise.
Le GFX100RF, l’âme de New York capturée ?
La grande question reste : un moyen format est-il l’outil idéal pour raconter New York ? À mon sens, oui. Non pas parce qu’il apporte une résolution titanesque – même si les 100 millions de pixels permettent d’agrandir un détail infime d’une photo prise à Central Park – mais parce qu’il oblige à ralentir.
Dans cette ville où tout va vite, marcher avec un GFX100RF et un 28mm, c’est faire le choix de la contemplation dans l’effervescence. Chaque cliché devient réfléchi, chaque cadrage intentionnel. L’âme de New-York n’est pas seulement dans ses gratte-ciels ou ses taxis jaunes, mais dans les rencontres furtives, la lumière qui glisse entre deux buildings, l’énergie qui pulse à chaque carrefour.
Minimalisme assumé
Alors, ce pari du minimalisme était-il le bon ? Définitivement oui. Bien sûr, il y a des images que je n’ai pas pu faire. Mais celles que j’ai rapportées sont cohérentes, vibrantes, fidèles à mon expérience. Et je suis convaincu qu’une semaine à New York avec un seul 28mm suffit à capturer l’âme de cette ville hors norme.
La prochaine fois, j’irai peut-être avec un téléobjectif. Mais cette fois-ci, c’est le minimalisme qui a écrit mon récit photographique, et je ne le regrette pas une seconde.